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Rendez-vous des Lettres 2021 - Lire et faire lire des oeuvres littéraires complexes

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Le séminaire de formation, le « Rendez-vous des Lettres », consacré à Lire et faire lire des œuvres littéraires complexes, s'est déroulé à distance, via M@gistère, du vendredi 7 mai au mardi 25 mai 2021. Retrouvez en complément du M@gistère en autoformation les ressources mises à votre disposition par les formateurs et les participants de l'Académie de Paris.

La formulation retenue pour le 10eRendez-vous des Lettres (RDVL) « Faire lire » rassemblait deux enjeux qui s’articulent sans se confondre :

  • si « faire » est évidemment à entendre comme un semi-auxiliaire, l’expression factitive implique une délégation. Comment non pas seulement produire des lectures, mais former des lecteurs ?
  • « lire et faire lire » indique aussi une continuité, qui est celle de la transmission : lire en classe, vraiment, lire avec les élèves, exige qu’une lecture souvent considérée comme un préalable à la séance, à l’étude et au commentaire, en devienne le centre – ou plutôt le cœur.

Pour traiter de sujets aussi centraux dans la discipline, et qui concernent l’ensemble de la formation des élèves, du premier degré aux classes post-baccalauréat, ces journées de formation ont pris appui sur d’abondants travaux didactiques, sur les expériences menées dans les classes et le partage de pratiques, mais aussi sur les réflexions réalisées dans les précédentes sessions.

Le Magistère en autoformation, en lien ci-dessous propose une liste de ressources préalables à la formation, proposées par les animateurs des ateliers thématiques du lundi 10 Mai 2021.

Elles sont complétées par deux présentations interactives conçues par l'académie de Paris sur proposition du comité de pilotage du PNF, et mises à disposition à partir des vignettes ci-dessous.

Paroles de lectrices, paroles de lecteurs 

 

Quelques outils numériques

 

Atelier 1 Femmes Atelier 1 – Sur la trace des femmes de lettres dans la bibliothèque numérique Gallica

Isabelle Degrange, coordonnatrice générale de la médiation numérique de Gallica

 

Atelier 2 LCA Atelier 2 – Lire, comprendre, traduire des textes complexes en LCA

Cécile Merckel, Nicolas Bannier, professeur de lettres et Valentin Rietz, académie de Strasbourg

 

Atelier 3 Phèdre Bac Pro

Atelier 3 – Lire Phèdre en seconde Bac pro
Christèle Lenglet-Mélot, Frédérique Eme-Rabolt & Hervé Germain, académie de Besançon

 

 

 

Atelier 4 Carnet de lecteur

Atelier 4 – Le carnet de lecteur pour accompagner la lecture d’œuvre intégrale en
classe de CAP
Sandrine Philippe & Olena Denysenko-Lemaire, académie de Paris

 

Le Carnet de lecture pour l’appropriation des œuvres

Présentation du carnet et du cercle de lecture

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Atelier 5 Flaubert Atelier 5 – Relire Flaubert aujourd’hui : lire le Dictionnaire des idées reçues

Carole Guérin-Callebout, Carine Ossard, Karine Ribot & Grégory Devin, académie de Normandie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Atelier 6 Misérables Atelier 6 – Lire Les Misérables au collège selon le modèle de la fanfiction
Sébastien Hébert & Virginie Schol, académie de Nice

La fanfiction au service de la lecture d'œuvres intégrales

  • Un scénario pédagogique tiré d'édubase

https://edubase.eduscol.education.fr/fiche/17280

 

  • À voir ou à revoir : une capsule vidéo du Rendez-vous des Lettres 2016

«Les métamorphoses de l'apprentissage et de la transmission. Culture antique, culture numérique : d'une Renaissance à l'autre ? »

https://www.canal-u.tv/video/eduscol/theme_4_partie_4_du_numerique_au_service_des_humanites_a_la_naissance_d_un_humanisme_numerique.33313

Atelier 7 Princesse de Clèves

Hybrider et débrider la lecture de La Princesse de Clèves

Olivier Achtouk, Rachel Le Lamer-Pavard, Gildas Morin, Sandra Pastorino, académie de Versailles

 

Voir le focus ci-après
 

Atelier 8 Carnet de lecture Le Carnet de lecture pour l'appropriation des oeuvres

Florentina Gherman & Aude Lerouyer, académie d'Aix-Marseille

 

 

 

 

 

 Alexandra Zonabend, formatrice de l'académie de Paris, rappelle les grandes lignes de la conférence reproduite intégralement dans le document mis à disposition sur M@gistère.

Atelier 7 Princesse de Clèves

Intervenants :

Olivier Achtouk, Rachel Le Lamer-Pavard et Gildas Morin, Sandra Pastorino IA IPR dans l’académie de Versailles.

 

Un point sur l’hybridation :

L’hybridation permet de faire des choix. La difficulté des œuvres dites complexes porte sur le lexique, la langue, la structure de l’œuvre, sa relation à l’histoire et aussi son étrangeté.

 

Définition d’un texte résistant :

Un texte résistant présente quatre obstacles majeurs abordés successivement dans la conférence :

  • La dimension historique du texte
  • Les valeurs en jeu dans le récit
  • Les différentes temporalités de récit et de la lecture
  • L’effet personnage

 

Afin de lever ces résistances du texte, on propose de coupler la lecture de l’œuvre avec d’autres dynamiques, comme l’écriture, le débat, ou d’autres façons d’aborder l’œuvre sans pour autant la suivre dans sa linéarité. Il s’agit, dans les choix didactiques, d’expérimenter et d’inscrire les élèves dans des projets, afin qu’ils s’approprient leurs  lectures. On peut ainsi proposer une démarche d’enquête dans la lecture des œuvres, ainsi qu’un travail de mémorisation, car on cherche aussi à ancrer les textes dans la mémoire des élèves, par les procédés suivants :

  1. Par une lecture par fragments de l’œuvre intégrale
  2. Par des microlectures
  3. Par des lectures de traverse
  4. Par des lectures par effraction

Ces différentes approches de l’œuvre viendront répondre aux difficultés relevées dans le texte résistant.

  1. La part historique de La Princesse de Clèves et les lectures par frottement :

La Princesse de Clèves propose une matière réticente et proliférante avec une galerie impressionnante de personnages (aux titres, noms et prénoms divers comme Le Dauphin, par exemple), avec un espace très codifié, comme celui de la Cour et de ses règles, avec la mention de nombreux événements historiques comme la Défaite de Saint-Quentin ou les traités du Cateau-Cambrésis, ou encore avec une écriture dense.

On peut certes envisager deux pratiques de classe : la contextualisation et l’actualisation. On peut, par exemple, demander aux élèves : « Aimeriez-vous vivre à la cour d’Henri II ? Pourquoi ? » En gardant en tête l’écueil éventuel de faire de la Princesse de Clèves un roman historique et de guider les élèves dans de mauvaises pistes, comme celle du réalisme, par exemple, et de les amener à faire des anachronismes. Un autre risque serait celui de l’aplatissement qui reviendrait à chercher des modèles à des conduites qui n’existent pas.

On préfère donc plutôt un travail sur le genre du récit pour amener aux questions morales que le roman met en scène ensuite.

Pour cela, on propose un corpus par frottement :

Nb : Les textes cités sont disponibles dans le document joint

En amont de l’arrivée à la cour, on présente aux élèves un extrait d’Artamène (1649-1653), de Madame de Scudéry avec le portrait de Cléomire. Ce texte permet de faire ressortir le principe d’idéalisation du personnage.

On leur propose également un extrait du Roman bourgeois (1666) de Furetière, au moment de la rencontre de Javotte et de Nicodème.

Cette lecture par frottement permet de faire ressortir l’ataraxie de Cléomire et l’absence de figure parentale dans le texte de Madame de Scudéry.

La comparaison de ces deux extraits avec le portrait de Mademoiselle de Chartres ouvre sur un débat interprétatif : « Melle de Chartres et Cléomire se ressemblent-elles ? Mme de Chartres pourrait-elle être la mère de Cléomire ? » et sur un écrit d’appropriation : « Si Mme de Chartres pouvait épier la conversation entre Nicodème et Javotte, que penserait-elle de la conduite de chacun des personnages ? ».

La lecture comparée des textes de Furetière et de Madame de Scudéry permet de montrer la multiplication des variations de l’âme humaine.

On s’éloigne par cette pratique d’une lecture exhaustive de l’œuvre.

2. La langue et les valeurs en jeu dans le récit  et les microlectures:

L’étude de la langue est un levier pour entrer dans l’œuvre qui présente de nombreux obstacles linguistiques comme la litote, l’euphémisme ou l’hyperbole.

L’hybridation permet d’articuler les microlectures à distance et la macrolecture en cours.

On peut par exemple lire le trajet affectif d’un des trois protagonistes, le cartographier et comparer le cheminement amoureux des personnages. Il s’agit là d’une lecture par approfondissements successifs au cours de laquelle les élèves construisent et élaborent eux-mêmes une carte de Tendre et un glossaire. On peut ainsi rétablir les mots dans leur contexte.

Exemple : Prise en compte de la polysémie du mot « amant » avec des confrontations de citations.

On propose aux élèves d’inventer des maximes pour se familiariser avec leur fonctionnement et on confronte ensuite la maxime à l’écriture narrative.

3. La temporalité du récit et les lectures de traverse:

L’articulation de la temporalité du récit avec la temporalité de la fiction peut être un obstacle à la compréhension du récit, dont la linéarité est brisée par l’enchâssement de récits secondaires.

On se propose de sortir de la linéarité ordinaire de lecture pour faire des lectures de traverse, en empruntant des chemins dans l’œuvre que l’on peut marquer avec des codes couleurs : le mariage, la vie de la cour, la retraite, le Vidame de Chartres… Tous ces parcours sont différents de ceux de l’héroïne et font ressortir d’autres aspects de l’œuvre pour en montrer l’épaisseur et la densité.

Le passage de la lecture parcellaire à la lecture intégrale peut se faire par l’outil numérique et engage un va et vient entre le temps présent de la lecture et ce qu’on a lu auparavant.

 

4.  L’effet personnage et la lecture par effraction:

 (À partir de l’analyse de Vincent Jouve : « L’effet personnage »)

Si l’on demande aux élèves de faire un portrait physique et moral de la Princesse, on se rend compte que le texte présente peu de détails physiques. De même, si l’on s’interroge sur la façon avec laquelle s’exprime la parole amoureuse des personnages, on constate que les échanges sont déséquilibrés, les silences éloquents, les tournures impersonnelles, et qu’il existe un fort langage non verbal. On compare la réception de la scène d’aveu à la lettre au Mercure galant de Fontenelle (voir document joint)  et on engage ensuite un débat interprétatif en classe.

Le roman apparaît alors comme une réponse à la casuistique du texte.

On appréhende le rôle des images et de l’imagination dans le roman par des lectures par effraction qui sont empruntées au conte, avec, notamment, l’observation à distance de l’être aimé.

On observe le redoublement de certains motifs, comme le voyeurisme et l’érotisme, le motif des écrans comme obstacles, mais sans franchissement comme dans les romans libertins. On note la logique spiralaire du récit. Dans un travail collaboratif à propos de scènes précises, on s’attache à relever les effractions du désir : dans la scène du Tableau du siège de Metz et dans la scène du Bal.

AUTRES RESSOURCE PROPOSEES

Madame de Lafayette, La Princesse de Clèves (au programme national des classes de première des voies générale et technologique)

  • Sur Gallica
- Les œuvres de Madame de Lafayette

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9760458r/f1.item

- L’édition de La princesse de Clèves de 1678

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b86108225/f9.item

- Une édition illustrée en couleurs par Serge de Solomko, ed. F. Ferroud (Paris), 1925

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9773540m

 

  • Sur France culture
- Émission Écoutez, révisez !

La Princesse de Clèves : les conventions avant les émotions. Extrait lu par le comédien Jacques Gamblin

La Princesse de Clèves : l'amant, le mari et l'aveu. Extrait lu par le comédien Robin Renucci, directeur des Tréteaux de France.

 -Émission En français dans le texte

 Émission diffusée le 31 octobre 2020

 La Princesse de Clèves, Madame de La Fayette, scène d’amour, scène d’adieu

 Analyse sur éduscol

Émission diffusée le 13 mars 2021

La Princesse de Clèves, la lettre et la lice

Analyse sur éduscol

- Émission Une vie, une œuvre

Madame de La Fayette (1634-1693). Textes lus par Anne-Vanessa Prévost et Léa Seydou.

Le Lundi 17 mai ont eu lieu une série de conférences à la BnF. Elles sont disponibles sur le Magistère en auto-formation en lien ci-dessous.