Première heure de vie de classe à distance en 3e au collège Mallarmé (Paris 17e)

VISUEL CLG STEPHANE MALLARME

Le premier rendez-vous de classe virtuelle de Katia, professeur d'histoire-géographie et professeur principal de sa classe de 3e, s’est rapidement transformé en heure de vie de classe, face au questionnement prégnant des élèves et à leur besoin d’être rassurés.

Le rendez-vous de la classe virtuelle était fixé et préparé en amont à l’aide d’un tutoriel, accompagné de consignes précises à destination des élèves. L'objectif de ce rendez-vous était de réaliser un point d’étape à l’issue des corrections des derniers travaux effectués en autonomie par les élèves.

A l'écoute du besoin des élèves 

Dès l’ouverture de la classe virtuelle, les élèves se sont rapidement connectés. Toutefois, les niveaux d’équipement et de qualité de connexion de chacun les a conduits à proposer de couper la vidéo de leur côté et ne conserver que celle de l’enseignante, afin de libérer de la bande passante et permettre l’échange.

Très vite, les 24 élèves présents (sur 29 au total) ont levé – virtuellement – la main pour demander la parole et poser, à tour de rôle, leurs nombreuses questions : qu’en sera-t-il du DNB ? Comment sera pris en compte le 3eme trimestre ? Comment va se dérouler la procédure Affelnet ? Comment vont se passer les affectations en lycée ? L’oral du brevet, qu’ils avaient commencé à préparer, sera-t-il maintenu ? L’oral du DNB aura-il lieu ?
Autant de questions légitimes qui taraudent les élèves et suscitent des angoisses qui viennent s’ajouter à celle de la situation de crise sanitaire.

Face au besoin de réponses… et d’écoute exprimé, l’enseignante a choisi de transformer l’heure de cours en heure de vie de classe et de prendre tout le temps nécessaire pour répondre à leurs nombreuses interrogations. Maintenir le lien, à l’heure du confinement, consiste aussi à rassurer les élèves lors d’une année cruciale dans leur parcours scolaire.

Ne pas voir les élèves, ni sentir leurs réactions… augmente la sensation de distance et de froideur dans l’échange. Une nouvelle expérience pour tous. Le groupe tâtonne, découvre l’outil. Certains, plus à l’aise, viennent en aide à leurs camarades en difficulté, leur montrent, par l’intermédiaire du tchat, comment utiliser la tablette prêtée par le collège ou comment faire un partage de connexion avec son portable (quand il n’y a pas de wifi, que l’on vit en hôtel social ou que notre sœur utilise l’écran en classe virtuelle avec son enseignante…). L'ambiance de classe, qui n'est plus celle qu'on connue les élèves et l'enseignante, est un facteur important à recomposer dans la relation à distance.

Un questionnement pour améliorer la qualité de l’interaction 

Suite à cette expérience, la réflexion de Katia se situe au-delà des difficultés techniques, d’équipement, de connexion ou de formation, même si elles sont non négligeables.

Organiser au moins deux temps de classe virtuelle par semaine (contre un créneau par semaine par classe actuellement), dont un spécifiquement dédié à la vie de classe, peut être un moyen d’y répondre.

Demander aux élèves d’utiliser leurs codes de feed-back habituels, tels que les émoticones, smileys et autres gifs, pour répondre à la question : « comment ça va ? » ritualisée en début ou fin de classe virtuelle :  une autre piste à proposer ?
Prendre en compte son émotion du moment, élèves comme enseignant, la partager de manière rituelle par un mot parlé ou écrit, un émoticone ou un dessin, pourrait contribuer à renforcer le lien mais aussi à faire prendre conscience qu’une émotion peut très rapidement se transformer…

Utiliser la classe virtuelle est l’occasion de répondre à ce besoin d’échanges et de lien humain avec les élèves, mais aussi entre les élèves. L’écran blanc partagé peut remplacer le tableau blanc de la salle de classe ; y sont notées les questions et interrogations qui émergent de cette séance où la prise parole individuelle est régulée, comme en présentiel. L’écran permet de classer, hiérarchiser les propos, pour y apporter ensuite, dans la mesure du possible des réponses.
Ce temps de partage devient un moment pour tranquilliser les esprits, entretenir le lien construit et maintenir la confiance en l’École.

 

Extrait de l’échange sur le tableau blanc

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