Mes missions de conseillère pédagogique en confinement

VISUEL CPC MISSION LECTURE

Marie Flury est CPC sur la mission académique « Plan lecture ». Elle a vu son activité se transformer dans le contexte actuel. Elle participe à la continuité pédagogique, contribue comme ses collègues formateurs à la production de ressources à destinations des enseignants du 1er degré. Pourtant, elle s’interroge sur la façon de continuer d’être au plus près du terrain et d’interagir avec ses collègues.

Les  missions d’un conseiller pédagogique sont celles de former et d’accompagner les enseignants du premier degré à chaque moment de leur carrière. Elles se jouent sur un territoire et se fondent sur une relation de suivi et de confiance.

Depuis trois semaines, la proximité et l’accompagnement de terrain doivent se transformer et s’adapter. Comment prolonger mes missions se demande Marie Flury, accompagner au mieux la  nécessaire mutation de mon métier, pouvoir soutenir l’engagement exemplaire des enseignants au service de tous les élèves sachant qu’aujourd’hui mon rôle est centré sur la production de ressources à destination des enseignants du 1er degré.

Une très forte mobilisation pour produire et diffuser des ressources pédagogiques aux enseignants

La mission numérique administre sans relâche le M@gistere Continuité pédagogique. Sur le site, https://magistere.education.fr/ac-paris/course/view.php?id=4262, l’ensemble de la communauté de formateurs parisiens peut proposer des ressources à disposition des enseignants et des directeurs.
Ainsi, des propositions pédagogiques alimentent les domaines du français, des mathématiques, des langues vivantes étrangères, des activités artistiques, de l’EMC et de l’EPS de la petite section au CM2.  Les enseignants peuvent, par exemple, trouver des fiches de révision de sons pour les élèves de CP, des défis mathématiques à proposer aux familles dans le domaine des nombres, de la géométrie et de la logique. Des outils sont postés pour aider les enseignants à organiser la semaine de travail des élèves de chaque niveau, des conseils sont donnés pour construire des séances à distance efficaces.
Des forums sont ouverts et très alimentés pour répondre aux besoins et accompagner l’engagement des enseignants dans ces nouvelles modalités d’enseignement : faire un diaporama avec les productions d’élèves, créer une liste de diffusion pour la classe, trouver des outils pour scanner une ressource papier, mettre en privé son téléphone pour appeler les familles…
Enfin, depuis quelques jours des propositions d’activités ludiques pour les vacances sont en ligne.

A ce jour, 1700 enseignants se connectent quotidiennement, grâce à l’implication exemplaire de la mission numérique et des conseillers pédagogiques de Paris.

Un questionnement sur le métier de conseillère pédagogique dans le cadre du confinement

A mon niveau de responsabilité, constate Marie Flury, je peux aujourd’hui partager une analyse individuelle des mutations de mon métier. Je suis conseillère pédagogique avec une mission académique. Je n’ai donc en charge ni classe d’élèves, ni école, ni circonscription.
En temps ordinaire, l’essentiel de mes missions consiste à produire des ressources, à animer des formations dans le domaine de la maîtrise de la langue.
En l’absence de possibilité de présentiel, mon métier s’est transformé. Je produis actuellement des ressources numériques déposées sur le M@gistere. J’évalue les besoins en fonctions des missions qui me sont confiées par mon inspectrice et de la représentation que je me fais de la situation et des besoins des enseignants.
Il n’en demeure pas moins pour moi certaines questions essentielles : quel impact cette immense somme de travail collectif trouve-t-elle ? Les propositions que nous faisons répondent-elles aux besoins réels des enseignants ?

Notre expertise de conseillers pédagogiques nous rend aptes à produire des ressources de qualité, conformes aux attendus institutionnels. Néanmoins, l’absence de contacts réels avec le terrain m’empêche, personnellement, de savoir si elles sont efficientes et rencontrent un écho réel.  La soudaineté des mutations que chacun a vu opérer dans sa pratique rend encore complexe l’évaluation de ce que nous devons produire, de ce sur quoi nous devons porter notre vigilance.
Il m’appartient désormais de réfléchir à la manière de pallier cette absence de contact avec le terrain. La qualité des outils académiques me permet d’envisager des solutions. Je pourrai, par exemple, constituer un groupe pilote d’enseignants volontaires, choisis pour la diversité de leur profil professionnel : ancienneté dans le métier et diversité des ancrages territoriaux. En se regroupant virtuellement à intervalle régulier, nous pourrions ainsi constituer à nouveau une communauté professionnelle, partager les outils élaborés par les missions académiques, évaluer leur efficience et adapter ainsi l’accompagnement aux besoins évalués et surtout échanger.  

Aujourd’hui, mon engagement, en tant que conseillère pédagogique pour une mission académique, est réel affirme Marie Flury. Comme chaque métier de l’Education nationale, il subit des mutations qui ont demandé des adaptations à l’urgence de la situation. Il mérite aujourd’hui une réflexion approfondie pour évaluer ce premier temps d’action, analyser les besoins et répondre ainsi aux enjeux du moyen terme.

 

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