Melissa Boucher, Rêves dérivés, 2019

Résidence d'artiste en collège : Melissa BOUCHER, Yéhoudit COHEN "ARCHIGESTES"

“Archi” comme le superlatif beaucoup, mais aussi comme le diminutif d'architecture, d'espace - s'essayer à une grande quantité d'actions et de mouvements du corps dans l'espace -

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Le collège accueille une résidence d’artiste dans le cadre du programme éducatif “L’Art pour Grandir” développé par la direction des Affaires Culturelles et la direction des Affaires Scolaires de la Ville de Paris, en partenariat avec la Maison Européenne de la Photographie.

Melissa Boucher, artiste photographe, et Yéhoudit Cohen, chorégraphe, mèneront tout au long de l’année une activité régulière de découverte et de pratique artistique autour de la thématique “Archigestes” avec deux classes : la 6e4 et la 6e3 SEGPA.

Ce projet de résidence a pour ambition d’explorer la thématique du geste comme un langage à appréhender, explorer et réinventer à travers la performance, la danse, la prise de vue et le travail plastique.

L’inscription du corps dans l’espace, le contact ou l’absence de contact, les interactions entre les un.es et les autres seront quelques-uns des axes développés qui nous permettront de réfléchir à ce qu'est habiter son propre corps, mais aussi vivre en communauté, faire ensemble avec son individualité.

En associant le travail du corps dans l’espace à l’image, à la réinterprétation d'images ou d'archives préexistantes qui s’attachent aux postures du corps, il sera question de construire des réflexions communes sur des systèmes relationnels, familiaux ou communautaires, mais aussi de développer l’expression corporelle, le regard et l’écriture photographique des élèves.

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Ce sera aussi l’occasion d’analyser des images et vidéos, d’aborder une sélection d’artistes, de danseurs et de photographes qui ont développé des projets autour du geste mais aussi l’art action, le body art et la performance afin d’imbriquer la connaissance théorique à l’expérimentation visuelle et physique.

Le corps nous porte, il est une sorte de médiateur qui nous relie au monde, c’est lui qui nous met en contact avec autrui, nous permettant de prendre de la distance lorsqu’on en a besoin ou lorsqu’une situation nous met en alerte mais nous rendant vulnérables également.

Le geste, lui, serait un signe qui définit l’expression et le mouvement du corps, une intention. Il traduirait la nature des liens entre les personnes mais aussi l'appartenance à des groupes sociaux selon le contexte ou l'héritage socioculturel dans lesquels il s'inscrit. Un travail d'observation, d'analyse d'images, d'interaction nous permettra de prendre conscience et de questionner l’existence et de l'héritage de ces gestes qui nous constituent, nous relient ou nous opposent. L'expérimentation de gestes comme un langage non discursif du corps nous permettra de développer des séries d'actions, de nouvelles façons d'établir des liens, de communiquer et éventuellement de nous mettre en difficulté.

Que ce soient les gestes des rituels du quotidien, ceux du métier que l’on exerce, les gestes qui nous définissent, ceux reliés à des pratiques festives, militantes, ceux qui nous contraignent, ceux que l’on intègre sans y prêter attention comme le scroll des téléphones portables, les gestes d'amour, de violence, ou encore les gestes pour dire bonjour qui nous sont spontanés...notre corps s’exprime constamment en se passant de mots, en traçant des actions, en s'adressant aux autres. Il sera important de comprendre la nature de certains gestes, la façon dont le corps et les parties du corps s’emparent de l’espace, et occupent les images. De s’attarder également sur des détails révélateurs dans les images d’archives, des screenshots, les images de nos téléphones.

En nous recentrant sur cette gestuelle, en la sortant de son contexte habituel, il nous sera possible de la déconstruire, de la modifier, jouer avec afin de la détourner, la questionner et de dresser des répertoires de gestes spécifiques, absurdes, drôles, poétiques ou chaotiques.

Le geste et sa représentation sera abordé à différentes échelles et sous différentes formes, on travaillera la corporalité du geste, en impliquant le corps entier ou en cherchant une dimension plus réduite proche de la micro-gestuelle ; mais aussi en décortiquant des images d’archives ou des banques d’images avec lesquelles l’on pourra dresser des petites grammaires de gestes.

On verra également comment les choix esthétiques ou de traitement des images peuvent participer à l’intention que l’on donne aux images, en travaillant la couleur, en agrandissant des fragments, en intervenant dessus ou en entrechoquant des images, par exemple. Mais aussi en réfléchissant à une narration ou à une façon de les accrocher dans l’espace.

Ce sera un prétexte pour travailler autour d’un corpus gestuel existant, imaginé, en retravaillant des images ou en fabriquant de nouvelles, afin de questionner l’autre, de transmettre une idée, une envie, une sensation.

Cette résidence d’artiste s’articulera autour de plusieurs temps forts que sont les ateliers de pratique de danse et de photographie avec les deux artistes en résidence, la fréquentation de lieux culturels et la présentation sous forme de restitution ouverte à l’ensemble de la communauté scolaires et des familles.